dimecres, 15 de gener de 2014

SOCRATES OU LA VIE DANS LE BOIS DE BOULOGNE AVEC LES BOS LES HOBOS E LES BOYS DE BOULOGNE - A LIVRE LANÇADO PELA AFUNDAÇÃO MÁ RIO SÓ ARES DE RUI RIO..O NOVO MESSIAS PARA 2016 OU 2018 OU MESMO PARA 2020 SE NÃO QUINAR ANTES

    • mário soares nem já vende livros em 2ªmão
      cavaco silva tamém não
      já sócrates….é o novo soares
      ó gentes de pouca fé
      sócrates para a pré-residência já..
      Walden ou la Vie dans les bois (titre original Walden; or, Life in the Woods) est un récit publié en 1854 par l’écrivain américain Henry David Thoreau (1817-1862).
      Le livre raconte la vie que Thoreau a passée dans une cabane pendant deux ans, deux mois et deux jours, dans la forêt appartenant à son ami et mentor Ralph Waldo Emerson, jouxtant l’étang de Walden (Walden Pond), non loin de ses amis et de sa famille qui résidaient à Concord, dans le Massachusetts.
      Walden est écrit de telle façon que le séjour semble durer un an seulement. La narration suit les changements de saisons et Thoreau présente ses pensées, observations et spéculations. Il dévoile également comment, au contact de l’élément naturel, l’individu peut se renouveler et se métamorphoser, prendre conscience enfin de la nécessité de fondre toute action et toute éthique sur le rythme des éléments.
      Walden n’est ni un roman ni une véritable autobiographie, ni un journal naturaliste. Sa dimension critique à l’encontre du monde occidental en fait un véritable pamphlet. La part de l’imagination est conséquente et Thoreau consacre de nombreuses scènes à décrire l’étang de Walden mais aussi les animaux et la façon dont les gens le considèrent du fait de son isolement, tout en dégageant des conclusions philosophiques. Ces longs passages concernant la nature appartiennent à la tradition transcendantaliste et appellent à refondre l’éthique.
      Plus d’un siècle plus tard, Walden reste une œuvre phare de la littérature américaine et l’ouvrage fondateur du genre littéraire du nature writing. La pensée écologiste moderne voit également en Walden le roman du retour à la nature et de la conscience environnementale. Les observations et spéculations de Thoreau font en effet de la nature, dans le récit, un protagoniste à part entière. Walden est enfin la lente introspection de Thoreau, le fil directeur d’une recherche du sens dans un monde de plus en plus marqué par l’industrialisation et la transformation de l’espace.
      Il existe plus de 200 traductions de Walden à travers le monde. Le roman a été traduit en français en 1922 par Louis Fabulet (1862-1933) et redécouvert en France lors des événements de mai 68. Il demeure l’un des ouvrages de référence de la pensée libertaire et écologiste.
      Retraite à Walden Pond[modifier | modifier le code]
      Vue sur l’étang de Walden et sur sa rive boisée qui s’étend sur la droite de l’image. Quelques gros nuages blancs remplissent le ciel bleu.
      L’étang de Walden.
      « Un lac est le trait le plus beau et le plus expressif du paysage. C’est l’œil de la terre, où le spectateur, en y plongeant le sien, sonde la profondeur de sa propre nature. »
      — Chapitre IX, « Les étangs »
      Choix de Walden Pond[modifier | modifier le code]
      Fin 1844, le philosophe Ralph Waldo Emerson, ami et mentor de Thoreau, achète un terrain autour de l’étang de Walden (situé à Concord, dans le Massachusetts, aux États-Unis) et le met à sa disposition. Thoreau souhaite en effet se retirer au calme pour écrire, bien qu’il ne demeure pas toujours seul ; de nombreux amis (dont William Ellery Channing qui séjourne avec lui à l’automne 1845) ainsi que des admirateurs lui rendent souvent visite. D’après Michel Granger, Thoreau se retire à Walden Pond car il a cherché à disparaître momentanément de la vie de Concord, sa ville natale. Avec son ami Edward Hoar, en mars 1844, il a en effet mis le feu par inadvertance à une partie de la forêt voisine. D’autre part et outre cette volonté de redevenir respectable, « la plus forte motivation de Thoreau était de nature historique : il voulait reconstituer sa « demeure dans l’état où elle était il y a trois siècles » avant l’irruption de l’homme blanc sur le sol américain ». Toutefois, selon Leo Stoller, c’est un profond dégoût pour la société des hommes, et particulièrement pour les habitants de Concord, qui conduit Thoreau à « refuser leur existence occupée à poursuivre la subsistance quotidienne, pervertissant de fait leur liberté dans le désespoir ».
      Le choix de Thoreau se porte donc sur l’étang de Walden, car il constitue un lieu ni trop à l’écart ni trop proche du monde des hommes. De plus, il en connaît l’existence depuis son enfance et l’étang demeure pour lui un lieu mystérieux. Il se retire donc dans une clairière sur une de ses rives, « lieu intermédiaire à la fois emmuré » (Walled-in selon son expression) et suffisamment vaste pour qu’il dispose d’une marge protectrice, mais ne soit pas pour autant séparé de la nature par une barrière. Dans cet espace (baptisé en sa mémoire Thoreau’s Cove), remarque Michel Granger, « l’humain et le non-humain s’interpénètrent » et le lieu est propice aux personnifications romantiques (ainsi les aiguilles de pin, par exemple, se dilatent pour lui témoigner leur sympathie lorsqu’il s’y installe).
      « Deux ans, deux mois, deux jours »[modifier | modifier le code]
      En mars 1845, Thoreau commence donc la fabrication d’une cabane de pin. Ses dimensions sont de 3 × 4,5 m soit 13 m. Elle est située sur les rives de l’étang, à 2,4 km de sa maison natale. Il dort dans sa cabane dès la nuit du 4 juillet 1845, jour anniversaire de la Déclaration d’Indépendance aux États-Unis. Pour Michel Granger, il s’agit de « l’acte fondateur de sa célébrité [qui] tient à la décision de s’installer un peu à l’écart de Concord en 1845 : il s’est déplacé hors du village, s’est excentré symboliquement ». Si Thoreau fait tout pour donner une impression d’éloignement d’avec le monde des hommes, il n’en est en réalité rien puisque sa cabane ne se situe qu’à 1 mile de Concord. Mais ce déplacement « suffit à le sortir de l’ornière sociale dans laquelle il souffre d’un manque de liberté ». Il ne s’agit alors pas d’une fugue (l’écrivain vivait auparavant chez son père) ou d’une vie d’ermite (puisque Thoreau revenait souvent voir ses amis) mais d’un choix délibéré. C’est le début d’une expérience qui dure « deux ans, deux mois et deux jours », menée en autarcie et pendant laquelle Thoreau lit, écrit, étudie la nature et cultive ses propres légumes. Il a ainsi planté 1 hectare de pommes de terre, de fèves, de blé et de maïs.
      L’intérieur de la cabane de Thoreau. Au fond et au centre : une cheminée de briques rouges à côté de laquelle est une caisse de bois de chauffe et à droite et à gauche : deux fenêtres. À droite, un lit fait ; à gauche, une chaise et une petite table ronde. On aperçoit sur le côté gauche, au premier plan, une partie d’un secrétaire pour écrire.
      « Je possède ainsi une maison recouverte étroitement de bardeaux et de plâtre, de dix pieds de large sur quinze de long, aux jambages de huit pieds, pourvue d’un grenier et d’un appentis, d’une grande fenêtre de chaque côté, de deux trappes, d’une porte à l’extrémité, et d’une cheminée de briques en face. »
      — Chapitre I, « Économie »
      Thoreau quitte définitivement sa retraite de Walden Pond le 6 septembre 1847. Le sentiment d’avoir renouvelé son existence au contact de l’élément naturel l’a orienté vers un véritable activisme écologique. Après 1850, selon Donald Worster, et « paradoxalement, il était encore plus proche de la nature qu’à Walden. » Le Thoreau d’après Walden est davantage radical, appelant à la lutte armée contre l’État américain qui justifie l’esclavagisme. Les conclusions obtenues lors de son séjour à Walden Pond se transformeront en un véritable réquisitoire social dans Remarks After the Hanging of John Brown (1859) puis à la violence dans La Désobéissance civile. Les parts d’ombre demeurent cependant, quant à la réalité de l’expérience vécue mais aussi quant aux raisons de sa venue et de son départ de l’étang. Une version de Walden, de 1852, montre qu’il ne sait pas pourquoi il avait voulu vivre dans les bois, prétextant sans conviction un « sentiment de stagner » ; il « omet en effet de préciser les raisons du retour à Concord ».
      Vie à Walden[modifier | modifier le code]
      Lors de son séjour à Walden Pond, Thoreau tient son journal à partir duquel il écrit Walden ou la Vie dans les bois. Il débute aussi la rédaction de Une Semaine sur les rivières Concord et Merrimack (A Week on the Concord and Merrimack Rivers, 1849), son premier succès littéraire et son premier écrit témoin d’« une quête d’autonomie » et qui doit être aussi une commémoration faite à son frère John, mort en 1842. L’écriture de Walden prendra plusieurs années et cumulera huit versions manuscrites. Thoreau veut vivre simplement, et seul, dans les bois, y mener « une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité, et de confiance », mettre en application son « principe d’extra-vagance. » Toutefois, l’authenticité de l’expérience réellement solitaire de Thoreau a été remise en cause. En effet, selon Michel Granger, le « lecteur peut tomber dans l’illusion créée par l’écriture [et] croire que Thoreau vivait en sauvage alors qu’il allait tous les jours à Concord voir ses amis et que les bois étaient fréquentés et exploités ». Il prône l’autodiscipline, du corps et de l’esprit. Thoreau refuse de chasser les animaux sauvages ou de consommer de leur viande. En plus d’être abstème et adepte du végétarisme, de refuser de fumer, de boire et de renoncer au thé et au café, il fait l’éloge de la chasteté et du travail. Walden se pense ainsi pour Thoreau comme la « leçon [qu'il] est concevable, et même essentiel, que tous les hommes parviennent à leur pleine dignité d’êtres humains sans se couper de leurs racines naturelles, ni oublier leur place naturelle sur la terre ».
      L’ascèse est de chaque instant à Walden si bien que, lors de son éloge funèbre, son ami Ralph Waldo Emerson qualifie Thoreau de « célibataire [bachelor] de la pensée et de la nature ». La vie à Walden a donc tout d’une « aventure philosophique et mystique » et Thoreau y « oscille entre épicurisme et stoïcisme ». En cela, il est proche du philosophe romain Musonius Rufus, mais aussi de Goethe ou Jean-Jacques Rousseau selon Pierre Hadot. Mais Thoreau n’est pas seulement un contemplatif. Ses activités sont principalement tournées vers l’observation et la compréhension des phénomènes naturels comme la profondeur ou l’origine hydrologique de l’étang, ou les effets d’optique de la glace, par l’étude de la faune et de la flore également.
      Composition de Walden[modifier | modifier le code]
      Lieu où Thoreau édifia sa hutte et délimité par des stèles en pierre. Le sol est recouvert de feuilles d’automne. Au fond, à l’arrière-plan : les bois de Walden. Une stèle affichant « Site of Thoreau’s cabin » est au premier plan.
      Lieu où Thoreau édifia sa hutte.
      Chapitres[modifier | modifier le code]
      Walden se compose de 18 chapitres alternant récit autobiographique, réflexions tendant vers l’essai, poèmes et descriptions naturalistes.
      I – Économie (« Economy ») C’est le premier chapitre et aussi le plus long de l’ouvrage. Thoreau présente son projet : passer deux ans et deux mois dans une cabane rudimentaire dans les bois près de l’étang de Walden Pond. Il le fait, dit-il, afin d’illustrer les avantages spirituels d’un mode de vie simplifiée. Il y précise les quatre nécessités de la vie selon lui (Nourriture, Abri, Vêtements, et Combustible). Il enregistre minutieusement ses dépenses et ses revenus pour construire sa maison et acheter et cultiver sa nourriture, démontrant sa compréhension de l’« économie ». Pour une maison et pour sa liberté, il ne lui en coûtera par conséquent, calcule-t-il, que 28,12 $.
      Paragraphe complémentaire (« Complemental Verses ») : ce chapitre se compose entièrement d’un poème, Les Prétentions de la pauvreté (The Pretensions of Poverty), du poète anglais du XVII siècle, Thomas Carew. Le poème critique ceux qui pensent que leur pauvreté leur donne une sorte de morale facilement gagnée ainsi qu’une supériorité intellectuelle.
      II – Où je vécus, et ce pour quoi je vécus (« Where I Lived, and What I Lived For ») Après avoir songé à acheter une ferme, Thoreau décrit l’emplacement de sa cabane. Puis il explique pourquoi il a décidé de séjourner dans les bois de Walden : « Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion, n’affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas vécu. Je ne voulais pas vivre ce qui n’était pas la vie, la vie nous est si chère ; plus que ne voulais pratiquer la résignation, s’il n’était tout à fait nécessaire. Ce qu’il me fallait, c’était vivre abondamment, sucer toute la moelle de la vie. »
      III – Lecture (Reading) Thoreau explique les bienfaits de la lecture, celle de la littérature classique (de préférence en version originale grecque ou latine) et déplore l’absence de sophistication à Concord, qui se manifeste par la trop grande importance de la littérature populaire. Il aspire à une époque utopique dans laquelle toute la Nouvelle-Angleterre soutiendrait des Sages pour éduquer et, par conséquent, ennoblir la population.
      IV – Bruits (Sounds) Thoreau ouvre ce chapitre par une mise en garde contre une trop grande importance accordée à la littérature comme moyen de transcendance. Au lieu de cela, il faut l’expérience de la vie pour soi-même. Ainsi, après avoir décrit l’esthétique des paysages entourant sa cabane et ses habitudes de ménage occasionnel, Thoreau critique le sifflet du train qui interrompt sa rêverie. Pour lui, le chemin de fer symbolise la destruction du mode de vie pastorale. Il énumère ensuite les sons audibles depuis sa cabane : l’église sonne les cloches, le meuglement des vaches, le chant du whip-poor-will, le hululement des hiboux, le coassement des grenouilles et le chant des coqs.
      V – Solitude (Solitude) Thoreau évoque les effets positifs de la vie solitaire et proche de la nature. Il aime être seul : « Je n’ai jamais trouvé de compagnon aussi compagnon que la solitude », expliquant qu’il n’est jamais seul tant qu’il est proche de la nature. Il estime qu’il est inutile de rechercher en permanence le contact avec le reste de l’humanité.
      VI – Visiteurs (Visitors) Thoreau nous parle des personnes qui lui rendent visite dans sa cabane. Parmi les 25 ou 30 visiteurs se trouve un jeune bûcheron canadien-français, que Thoreau idéalise car il est la figure de l’homme idéal, menant une vie simple, tranquille et solitaire. Il parle aussi d’un esclave fugitif que Thoreau aide lors de son voyage vers la liberté au Canada.
      VII – Le champ de haricots (The Bean-Field) Thoreau porte ses efforts sur la culture de deux acres et demi de haricots. Il les plante en juin et passe ses matinées d’été à désherber le terrain avec une houe. Il vend presque toute sa récolte et son petit bénéfice de 8,71 $ couvre ses besoins.
      VIII – Le village (The Village) Thoreau se rend dans la petite ville de Concord chaque jour ou presque pour y glaner quelques commérages, qu’il estime « aussi rafraîchissants, à leur façon, que le bruissement des feuilles. » Néanmoins, il compare, affectueusement mais avec un certain mépris, Concord à une colonie de « rats musqués ». Il raconte ensuite un événement qui s’est déroulé quelques années auparavant. À la fin de l’été, il a été arrêté pour avoir refusé de payer les taxes fédérales, mais est libéré le lendemain. Il explique qu’il refuse de payer les impôts à un gouvernement qui soutient l’esclavage.
      IX – Les étangs (The Ponds) À l’automne, Thoreau randonne en campagne et écrit ses observations sur la géographie de l’étang de Walden et ses voisins : l’étang de Flint (ou Sandy Pond), White Pond, et Goose Pond. Bien que l’étang de Flint soit le plus important, les favoris de Thoreau sont Walden Pond et White Pond. Ils sont aussi « beaux que des diamants », selon lui.
      X – La ferme Baker (Baker Farm) Lors d’une promenade dans les bois, Thoreau est surpris par un orage et se réfugie dans la misérable cabane de John Field, un pauvre ouvrier irlandais, qui survit là avec sa femme et ses enfants. Thoreau l’invite instamment à vivre dans les bois une vie simple mais indépendante, en se libérant ainsi lui-même de ses employeurs et de ses créanciers. Mais l’Irlandais ne renoncera pas à ses rêves de luxe, qui constituent le rêve américain.
      XI – Considérations plus hautes (Higher Laws) Thoreau se demande si la chasse des animaux sauvages et la consommation de leur viande est une bonne chose. Il conclut que le côté primitif, animal de l’homme le pousse à tuer et manger des animaux, et qu’une personne qui transcende cette propension est supérieure à celles qui ne le font pas. En plus d’être abstème et adepte du végétarisme, il fait l’éloge de la chasteté et du travail.
      XII – Voisins inférieurs (Brute Neighbors) Thoreau discute brièvement des nombreux animaux sauvages qui sont ses voisins à Walden. Une description des habitudes des perdrix est suivie par une fascinante bataille entre les fourmis rouges et noires. Il prend dans sa cabane trois des combattants et les examine sous un microscope. La fourmi noire tue les deux petites rouges. Plus tard, Thoreau prend son bateau et essaie de suivre un plongeon de l’étang.
      XIII – Pendaison de crémaillère (House-warming) Après avoir récolté des baies dans les bois, Thoreau construit une cheminée et plâtre les murs de sa cabane pour se protéger du froid de l’hiver imminent. Il se trouve aussi de bonnes réserves de combustible et exprime son affection pour le bois et le feu.
      XIV – Premiers habitants et visiteurs d’hiver (Former Inhabitants; and Winter Visitors) Thoreau relate l’histoire des personnes qui vécurent autrefois aux environs de l’étang de Walden. Il parle ensuite des quelques visiteurs qu’il reçoit durant l’hiver : un fermier, un bûcheron et un poète et ami William Ellery Channing.
      Panorama photographique du « Thoreau’s Memorial » à Walden Pond. Sur la gauche : panneau de bois affichant une citation de Thoreau, tirée de Walden, puis un monceau de pierres blanches déposées par les visiteurs en sa mémoire. Sur la droite et à l’arrière-plan : stèles délimitant l’ancien site où Thoreau édifia sa cabane. Tout autour : des arbres et trois sentiers partant des lieux.
      Panorama photographique du Thoreau’s Memorial à Walden Pond.
      XV – Animaux d’hiver (Winter Animals) Thoreau s’amuse à regarder la vie sauvage durant l’hiver. Il relate ses observations sur les hiboux, lièvres, écureuils roux, souris et différents oiseaux, et la manière dont ils chassent, chantent, et mangent les petits morceaux et le maïs qu’il leur a laissés. Il décrit aussi la chasse au renard qui passe à côté de sa cabane.
      XVI – L’étang en hiver (The Pond in Winter) Thoreau décrit l’étang de Walden comme il apparaît en hiver. Il prétend avoir sondé ses profondeurs et avoir localisé une sortie souterraine. Il raconte ensuite comment cent ouvriers sont venus couper de grands blocs de glace de l’étang, expédiés dans les différents États et pays, tellement l’eau de « Père Walden » est pure.
      XVII – Le printemps (Spring) Comme le printemps arrive, Walden et les autres étangs fondent avec grondements et fracas. Thoreau aime regarder le dégel et s’extasie alors qu’il est le témoin de la renaissance de la nature. Il regarde les oies reprenant leur vol vers le nord et un faucon jouant isolément dans le ciel. Comme la nature semble renaître, le narrateur fait de même. Il quitte Walden le 8 septembre 1847.
      XVIII – Conclusion (Conclusion) Ce chapitre final est plus passionné que les précédents. Il y critique la conformité : « S’il nous arrive de ne point marcher au pas de nos compagnons, la raison n’en est-elle que nous entendons un tambour différent ? Allons suivant la musique que nous entendons quels qu’en soient la mesure ou l’éloignement. » Ainsi, les hommes peuvent trouver le bonheur et l’accomplissement de soi. « Je ne dis pas que John ou Jonathan se rendront compte de tout cela ; tel est le caractère de ce demain que le simple laps de temps n’en peut amener l’aurore. La lumière qui nous crève les yeux est ténèbres pour nous. Seul point le jour auquel nous sommes éveillés. Il y a plus de jour à poindre. Le soleil n’est qu’une étoile du matin » est l’ultime phrase de l’ouvrage.
      Genèse du manuscrit[modifier | modifier le code]
      Présenté comme une narration biographique authentique et quasi spontanée, Walden est en réalité un livre consciemment travaillé. « L’archéologie du texte, ou étude de l’avant-texte, permet de découvrir (…) que Thoreau s’est éloigné du simple compte-rendu de son séjour dans les bois tel qu’il l’annonce dans « Économie ». Les nombreuses transformations, ajouts et ratures, révèlent les hésitations, les possibilités multiples qui se sont présentées, et laissent apparaître la contingence minant ce que le narrateur veut présenter comme l’œuvre d’un sujet unifié, pleinement maître de son destin » explique Michel Granger. Thoreau ambitionne d’expliquer son comportement, celui qui le conduit à rechercher l’isolement, par l’écriture d’un roman à dimension autobiographique. Walden est alors un ouvrage de justification, et dont les réécritures sont largement influencées par les questions des contemporains de Thoreau qui lui ont été délivrées à la suite de son geste de retrait. C’est en effet une conférence, donnée en 1847 et intitulée « Histoire de moi-même », à Concord, qui procure à Thoreau les quelques éléments qui forment le début actuel de Walden. Cependant, dès 1838, Thoreau avait le projet d’écrire un poème sur Concord qui aurait détaillé le paysage, dont l’étang de Walden.
      Versions[modifier | modifier le code]
      De nombreux chapitres ou passages proviennent du Journal de Thoreau. Shanley cite, par exemple, le chapitre « Le Printemps ». Il en déduit donc que la part du biographique spontané y est peu représentée et que les chapitres « ne sont donc pas des transcriptions chronologiques de sa vie à l’étang. » La composition chronologique s’appuie au contraire sur les notations spontanées du Journal. Il semble que Thoreau ait voulu faire de Walden non un roman du retour à la nature (« la vie dans les bois ») mais bien un écrit de « naturalisation » de la pensée et du langage. D’ailleurs, toujours selon James Shanley, Thoreau décide en 1862 de biffer le sous-titre de la première édition (« Ou la vie dans les bois ») afin de « supprimer une fausse annonce de piste » et ainsi de garder la résonance poétique de « Walden », pour éviter que le livre ne soit lu de façon trop littérale. Le manuscrit est donc complexe dans sa genèse et James Shanley a retracé la chronologie des sept versions de Walden :
      I de fin 1846 à septembre 1847 ;
      II et III en 1848-49 ;
      IV modifications profondes et extension en 1852 ;
      V introduction des titres de chapitres en 1853 ;
      VI de fin 1853 à début 1854 ;
      VII de février à mars 1854 ;
      VIII version « bon à tirer » pour l’imprimeur en avril-mai 1854.
      Ces diverses versions renseignent sur le travail stylistique apporté par Thoreau : « l’important avant-texte de Walden prouve que Thoreau a hésité, travaillé, s’est laissé emporter par la force des formules concises, la musique rythmée des mots ou le pouvoir de séduction d’une métaphore. » Le travail des phrases et des tropes est en effet constant, d’une version à l’autre — le manuscrit a plus que doublé de volume après 1847 — la structure de l’ouvrage étant esquissée dès le départ. Ce travail, « retravaillé pendant une période qui excède largement le séjour dans les bois », en pointillé, fait du manuscrit une production hétérogène et discontinue, « une mosaïque, [ou] le collage d’une multitude de fragments autonomes. » et qui n’a rien d’une « création linéaire » mais qui tient bien plutôt « du recyclage et de l’assemblage de fragments autonomes. »
      Carte de Walden Pond[modifier | modifier le code]
      Carte de l’étang de Walden présentant, tout autour du plan d’eau, les sites relatifs au passage de Henry David Thoreau : la baie qui porte son nom, le site de sa cabane, celui où sa cabane fut reconstituée et le site où il cultive ses haricots. Une rose des vents en bas de la carte permet de donner la direction. Une flèche en haut indique que le village de Concord est au nord. Sur la gauche, la ligne ferroviaire Concord-Fitchburg passe à proximité de l’étang.
      Carte de l’étang de Walden, avec les sites relatifs au passage de Henry David Thoreau.
      Agrandissez cette image
      L’édition de Walden comporte une carte de l’étang et de ses environs immédiats réalisée par Thoreau. Unique illustration dans l’ouvrage, ce plan dévoile les talents, réels, de cartographie de Thoreau. La finalité de cette carte est de prouver que Thoreau a bien effectué le sondage (« sounding ») de l’étang, action principale du chapitre XVI, « L’étang en hiver », au moyen de « boussole, chaîne et sonde. » Thoreau a ajouté en effet à sa carte une vue en coupe du lac, suivant ses sondages réguliers. Profitant de l’hiver, il effectue des trous à intervalles réguliers pour sonder la profondeur de l’étang, mystère qui enflammait son imagination depuis son arrivée. La découverte de cette profondeur devient par la suite un symbole de pureté et de transparence, à la fois matérielles et spirituelles.
      La carte dévoile également que la longueur de l’étang est de 0,55 miles. Elle renseigne aussi sur son désir de faire de Walden Pond un sanctuaire. Il fait en effet apparaître, à l’ouest du plan d’eau la voie ferrée de la Fitchburg Railroad reliant Concord à Fichtburg afin de symboliser l’empreinte humaine de la déforestation sur le paysage naturel, d’autant plus que la desserte a été inaugurée le mois même où Thoreau s’est installé sur les rives de l’étang, en mars 1845.
      Autobiographie romancée[modifier | modifier le code]
      Raisons[modifier | modifier le code]
      Souvent abrégé par Walden, le récit Walden ou la Vie dans les bois (Walden or Life in the woods) est l’œuvre majeure de Thoreau, celle que le public retient continuellement. Ce n’est ni un roman ni une véritable autobiographie mais une critique du monde occidental et industrialisé, le récit d’un « voyageur immobile », chaque chapitre abordant un aspect de l’humanité sous le style du pamphlet ou de l’éloge. Pour Kathryn VanSpanckeren, Walden est « un guide de vie selon l’idéal classique. Mêlant poésie et philosophie, ce long essai met le lecteur au défi de se pencher sur sa vie et de la vivre dans l’authenticité. La construction de la cabane, décrite en détail, n’est qu’une métaphore illustrant l’édification attentive de l’âme ».
      Signature de Henry David Thoreau. L’écriture est penchée vers la droite et présente des volutes dans la formation des lettres. Le « y » de Henry est très prolongé vers le bas.
      Signature de Henry David Thoreau.
      Walden est aussi une œuvre de restauration intime, l’appel à une reconnaissance individuelle et narcissique : « l’installation à Walden est une sorte de déclaration d’indépendance, (…) il se rend intéressant, suscite la curiosité, devient centre d’intérêt. » Il a voulu, selon Stanley Cavell, « se placer », afin de mieux habiter le monde. Frederick Garber parle, se référant à la pensée de Heidegger, de at-homeness, de son effort pour se créer un chez-soi dans le monde. Dans Walden, Thoreau fait de son existence quotidienne, banale et modelée sur le rythme de la nature, le moyen d’accéder à une connaissance plus affinée de soi : « son œuvre est en grande partie autoréférentielle, comme si la banalité de sa vie n’avait pas été un obstacle pour parler de soi ».
      Idéalisation[modifier | modifier le code]
      Walden répond au besoin de restauration d’estime de soi de Thoreau, en comblant sa faculté imaginative. Ainsi, l’écrivain adopte plusieurs masques au gré du roman. Après l’épisode de la prison, Thoreau se met en scène et crée son personnage de reclus, qui est « une interprétation de Thoreau, différant des positions observables dans le Journal, par laquelle il représente en action la conscience qu’il a de soi », puis il endosse les traits du philosophe observateur détaché, et, dès lors, « protégé par ce masque aux traits idéalisés, Thoreau se considère présentable, ose affronter des lecteurs ». L’idéalisation de la vie naturelle, de la communion avec les animaux, prend ainsi le pas sur le travail biographique pur. « L’écriture de Walden fut à l’origine celle du Journal, ouvertement autoréférentielle, sans pour cela être autobiographique, puisque la relation quotidienne de quelques événements et pensées reste trop fragmentaire pour constituer la synthèse rétrospective » du tracé de sa vie.
      Bien au contraire, la dimension autobiographique est refusée par Thoreau, qui ne trouve pas dans sa vie un intérêt littéraire pertinent. Après l’échec de son premier ouvrage (Une semaine sur les fleuves Concord et Merrimac, vendu seulement à 300 exemplaires), Thoreau pensait devoir montrer de quoi il était capable et Walden est en somme une « restauration narcissique » capable de lui permettre de rejoindre le cercle transcendantaliste. On peut donc parler d’une « autofiction » par laquelle Thoreau cherche à « frapper l’imagination ».
      Réconciliation[modifier | modifier le code]
      En dépit de ces diverses causes externes, il semble que ce soit un besoin personnel qui ait motivé le geste de Thoreau. Il s’agit dans un premier temps de réconcilier réalité et idéal. Selon Leo Stoller en effet, le jeune Thoreau d’avant Walden demeure pétri d’un idéalisme platonicien, marqué par la division entre le désir et la réalité alors que celui transformé par la retraite volontaire est plus mature et plus consensuel. Ce « conflit entre spiritualité et univers sensoriel » est, selon Alain Suberchicot, « l’un des paradigmes de l’écriture d’environnement » propre à Thoreau. Le symbole de cette recherche d’unité est le sondage du fond de Walden Pond entrepris au chapitre XVI (« L’étang en hiver ») et par lequel Thoreau réconcilie une vision mystique de la nature avec celle plus pragmatique. Thoreau prend dès lors conscience que la Terre a une profondeur et une complexité, à son image. Cet accomplissement, que Leo Stoller nomme la « doctrine de la correspondance » est la condition première d’un regard neuf sur la nature mêlant mysticisme et science ; par l’écriture, Thoreau crée la « présence sans présence » de la conscience écologique.
      Par ailleurs, la finalité de Walden est de réintégrer la société des hommes. « La relation à la nature a paradoxalement constitué le lieu privilégié de sa réflexion sur le sens de la condition humaine : son évitement d’une observation directe de la société réalise un détour qui mène pourtant à l’humain ». Ce qui peut paraître comme une « dérobade » devant le rapport aux hommes a pourtant pour objectif de « retourner parmi eux pour leur offrir le modèle d’une vie supérieure ». Comme l’enfant, il redémarre à nouveau son existence, il tente un « retour au monde indifférencié de la première enfance ». Ainsi, selon Gilles Farcet, « Walden est tout le contraire d’un livre pessimiste. »
      Genre inclassable[modifier | modifier le code]
      Essai narratif[modifier | modifier le code]
      Qualifié par Maurice Couturier d’« essai narratif » car étant à la croisée de plusieurs genres littéraires, Walden est un roman hybride difficile à classer, un « patchwork textuel ». En raison de cette part du discours narratif, James Shanley considère l’ouvrage comme tenant davantage du roman que de l’autobiographie : « Walden n’est pas une chronique datée de deux années passées par Thoreau dans les bois ; ce n’est pas non plus un manuel sur la façon de vivre seul en dépensant peu d’argent, manuel qui serait organisé en rubriques séparées et bien définies ; ni un argument construit de manière rigoureuse en vue de montrer qu’il avait raison et que les autres avaient tort. C’est plutôt une combinaison exceptionnelle des trois : chronique, essai didactique et argumentation visant à convaincre ».
      Le discours rhétorique est en effet très présent dans Walden, à travers les constantes digressions explicatives et démonstratives de Thoreau, qui tendent souvent à délivrer un message politique et philosophique. La rhétorique de Thoreau est ainsi profondément influencée par celle, religieuse, de la Nouvelle-Angleterre du XIX siècle selon Richard H. Dillman. La nature permet à Thoreau d’avoir un discours critique sur la société des hommes. Selon Alain Suberchicot, l’art de Thoreau a été de faire « parler l’écosystème » qui « recèle de multiples leçons » par un « didactisme discret » conjoint d’une « projection du monde naturel dans le monde humain. »
      Héroïsme romantique[modifier | modifier le code]
      Selon Stanley Cavell, Walden est un « livre héroïque », dans la lignée de ceux de John Milton et qui est aussi l’épopée moderne des États-Unis. « L’écrivain emboîte le pas à la grande tradition de la poésie anglaise » et encore romantique ; il s’inspire de la révolution française comme évènement épique contemporain. La « retraite littéraire » de Thoreau ressemble de près à celle des romantiques, elle « engendre une version du « saint visible », comme les Congrégationalistes puritains appelaient le membre de l’assemblée des fidèles ». La confrontation agonistique que le narrateur thoreauvien établit entre lui et le monde des hommes, symbolisé par le village de Concord, le place ipso facto dans la posture romantique de l’individu en marge des lois et de l’État. Il fait remarquer d’ailleurs, non sans ironie, que sa cabane est installée à proximité du siège d’une bataille. L’identification, très souvent convoquée, avec l’Indien, locataire d’un continent américain encore vierge, appartient également au registre lyrique propre à Thoreau.
      Héraclès combattant le géant Antée, détail d’un cratère attique. Deux personnages puissants s’affrontent au corps à corps. Derrière eux, des femmes semblent les encourager. Tout autour, le vase est décoré de motifs floraux et géométriques.
      « Héraclès combattant le géant Antée », détail d’un cratère attique d’Euphronios (musée du Louvre — G103).
      Thoreau semble s’être bâti une fiction, en « jouant à l’Indien dans les bois » et en s’identifiant souvent au mythe grec d’Antée, en particulier lorsqu’il cultive son champ de haricots. Le narrateur se représente également souvent à Robinson Crusoë quand il utilise son isolement pour rebâtir un monde à partir des éléments que lui offre la nature. Pour Michel Granger, Walden est plus proche de la robinsonnade que de l’autobiographie, même romancée. Les actions de Thoreau revêtent par conséquent une dimension héroïque, comme autant de « gestes spectaculaires » qui constituent une extériorisation de soi permettant de s’observer, comme « dans un miroir déformant ». Michel Granger parle ainsi de Walden comme d’une « déformation grandiloquente » de la part de son auteur.
      Roman philosophique[modifier | modifier le code]
      Le philosophe Stanley Cavell parle du « pouvoir dialectique du livre », de « sa capacité à se commenter soi-même et à se mettre soi-même en situation », pouvoir semblable à ceux des écrits de Marx, Kierkegaard et Nietzsche.« Une fois dedans, il semble qu’il n’y aura pas de fin ; dès que vous vous accrochez à un mot il se fractionne ou se multiplie en d’autres mots » ajoute-t-il. Outre la recherche d’une langue claire et efficace, la dimension philosophique passe surtout par les nombreuses dénonciations en règle de la société établies par Thoreau. « Le territoire de Walden constitue une aire de fuite où le narrateur récuse un principe fondateur de la société américaine, la propriété » et que symbolise notamment le personnage du fermier Flint, qui a donné son nom à un lac des environs, sous le prétexte qu’il en est le propriétaire. Tel est également le sens donné à son refus d’acheter une ferme, contrat qui aliénerait sa liberté.
      Selon le poète et philosophe américain Kenneth White, à travers Walden, « Thoreau est l’une des premières figures du dehors » (c’est-à-dire de la nature dans le vocabulaire de White) de la culture américaine. Ce dernier interroge en effet la pensée de son pays et, contrairement à Walt Whitman, Thoreau n’est pas encore américain, au sens citoyen des États-Unis : il est en effet solitaire dans un paysage qui pour lui n’est pas la propriété de ses habitants colonisateurs. En somme, selon Kenneth White, cette caractéristique propre à Thoreau, explicite dans Walden, fait de lui « un anarchiste de l’aurore. »
      Roman fondateur du nature writing[modifier | modifier le code]
      Article détaillé : Nature writing.
      « Scribe de la nature », Thoreau a créé, à travers Walden un genre littéraire nouveau, dont on peut cependant retrouver déjà les traces dans les écrits du vicaire naturaliste Gilbert White qui l’influence : le nature writing. Pour Alain Suberchicot, l’écriture d’environnement a été marquée par trois phases dont la première s’épanouit avec Henry-David Thoreau, John Muir, John Burroughs et Gifford Pinchot, aux alentours de la fin du XIX siècle, aux États-Unis. Ce genre, appelé également le « pastoralisme » (pastoralism) par Lawrence Buell, se distingue par le fait que la nature y est l’objet principal de l’écriture. La rédaction d’un journal est aussi un trait générique mais l’élément essentiel est que la nature occupe une place revalorisée. Dans Walden, la nature est un pôle positif face à celui, négatif, de l’homme. Sur ce point, Thoreau est à contre courant de son époque car, pour les puritains, la forêt est un lieu maléfique. Le travail poétique de Thoreau vise même à neutraliser cette dichotomie fondamentale entre le monde humain d’une part et le monde non-humain d’autre part et « constamment il montre que la distinction humain/non-humain, fondée sur des préjugés, est bien ténue ; dans sa vision, la nature s’humanise, tandis que l’homme valorisé se naturalise. »
      Plusieurs éléments littéraires font de Walden un écrit d’écologie. Lawrence Buell distingue quatre traits poétiques propres au nature writing — ou « texte environnemental » — et rassemblés dans Walden, écrit fondateur du genre. Tout d’abord, « l’environnement non-humain est évoqué comme acteur à part entière et non pas seulement comme cadre de l’expérience humaine ». D’autre part, « les préoccupations environnementales se rangent légitimement à côté des préoccupations humaines ». Plus qu’un protagoniste diégétique, la nature est en effet, dans Walden, la condition d’une redécouverte de soi. La nature y joue un rôle thérapeutique, qui fournit aussi « une sécurité affective » à Thoreau. Ce dernier narre ses expériences au contact du milieu naturel qui sont cependant autant d’« illusions thérapeutiques », selon Richard Lebeaux. Troisièmement, « la responsabilité environnementale fait partie de l’orientation éthique du texte » et, en effet, Thoreau ne cesse de chercher le moyen de refondre l’éthique humaine à partir de son ancrage écologique. Enfin, le texte suggère l’idée de la nature comme « processus et non pas seulement comme cadre fixe de l’activité humaine. »
      Stylistique[modifier | modifier le code]
      Voix narratives[modifier | modifier le code]
      La spécificité narratologique de Walden est la coprésence, subtile, de plusieurs instances narratives. Richard Lebeaux parle des « persona de Walden ». La première, la plus identifiable, est celle d’un Thoreau idéalisé et sûr de lui. L’écrivain met en scène « son personnage littéraire à des moments qui se prêtent à la narration », lui accordant une voix narrative, celle attachée aux effusions lyriques et élégiaques. La multiplicité des identités auctoriales regroupe également un Thoreau biographe (lorsqu’il évoque son emprisonnement pour avoir refusé de payer un impôt par exemple), un Thoreau-Indien ou encore un Thoreau mythologisé (Antée). L’instance narrative s’animalise également, s’identifiant tour à tour au porc lorsqu’il se sent un groin pour creuser, au plongeon nocturne, au coq solaire, à l’alose, autant d’avatars revêtus par Thoreau pour se penser au sein de la nature.
      Portrait par Benjamin D. Maxham (daguerréotype), en noir et blanc de Henry David Thoreau, en juin 1856. L’écrivain poste une barbe-collier et est habillé d’une redingote noire, d’une chemise blanche et d’un nœud papillon noir. Ses yexu sont clairs et son regard, sérieux. Ses cheveux sont quelque peu ébouriffés.
      Portrait de Henry David Thoreau en 1856.
      Stanley Cavell veut « reconnaître les identités spécifiques de l’écrivain à travers ses métamorphoses, et de décider quels auditeurs en moi ces identités interpellent, et donc engendrent ». Le narrateur est en effet difficilement identifiable tant la polyphonie des voix multiplie les identités et, dès lors, « le narrateur désigne l’instance subjective de Walden, même si elle est susceptible de différer en certains lieux de l’œuvre de l’auteur Thoreau ». Il est néanmoins perceptible une certaine tendance au dédoublement auctorial et, pour, Maurice Couturier, « Walden est une quête d’une rhétorique permettant à l’écrivain de se dire en se dédoublant ». Face à ce narrateur idéal, se tient un lecteur idéalisé mais pourtant méprisé ; s’excusant, au début du récit, auprès du lecteur (qu’il assimile à un poor student, un étudiant pauvre), peu assuré, Thoreau-narrateur prend peu à peu de l’assurance et endosse un rôle autoritaire et moral, voire prend une « distance olympienne ». Pourtant, cette posture assurée n’est possible qu’avec l’écriture de Walden puisque auparavant Thoreau n’excellait pas à l’oral, dans ses conférences.
      Recherche d’une langue poétique[modifier | modifier le code]
      La « langue paternelle » que revendique Thoreau « n’est ni un nouveau lexique, ni une syntaxe nouvelle à notre disposition, mais précisément un ré-investissement dans les syllabes incontournables ». D’ailleurs, selon Stanley Cavell, « le livre s’adosse à la tradition de la poésie topographique. » La recherche d’un média linguistique qui évoque l’essence des choses est constante dans Walden. Ceci passe par la redécouverte des mots précis, des étymologies et des échos stylistiques (prosonomasie) entre les mots. « Les dénombrements sans fin des mots de Walden font [ainsi] partie de son entreprise de sauvetage du langage. » Thoreau rêve d’une « parole-écriture végétale qui ne serait lue ou entendue que par les oiseaux ou les anges ». Le secret de cette langue est possédé par les animaux du bois et par l’étang de Walden et « tout le livre parle du recouvrement prestigieux et possible d’une langue adamique, celle d’une profération poétique où les mots seraient adéquats aux choses. Il s’ensuit que l’animal, de par le fait qu’il est plus proche de la nature, détiendrait le secret de ce babil ancien et mimologique parlé à l’aube des temps. » Il existe donc deux langages : l’un maternel et l’autre paternel ; l’homme doit réapprendre à les parler. Proche de ce que sera plus tard la philosophie de Wittgenstein, Thoreau fait de Walden « une éducation à l’âge adulte pour redonner sens aux mots » ; Walden est ainsi « une entreprise de réappropriation du langage, (…) exactement comme le Tractatus-philosophicus, une entreprise de réhabilitation du langage par le silence. »
      Plusieurs fois dans le roman, Thoreau écoute les cris animaux, ses « voisins inférieurs », et dont la langue est assimilée aux poèmes humains. Il les imite et tente d’en cerner la signification en laissant libre cours aux associations d’idées. Ses onomatopées et calembours sont la clé de cette langue adamique par laquelle Thoreau souhaite s’affranchir de la littérarité. Par ce travail du sonore, Thoreau entend établir « un protocole de lecture qui a pour fonction d’initier les lecteurs au plaisir du bruit ». La rencontre avec l’écho donne le départ du nouveau langage du narrateur, celui de l’harmonie imitative. Ce dernier lui permet de décrire la nature en donnant à chaque élément de celle-ci un son particulier, en accord avec son essence. Il s’agit d’une initiation car le processus d’acquisition linguistique est progressif. La nature s’humanise et « le meuglement lointain de quelques vaches » semble celui de « certains ménestrels », de même « les whippoorwills chantaient leurs vêpres ». Viennent ensuite les oiseaux qui laissent la place aux chats-huants, comparables à des « pleureuses ». Les animaux semblent articuler de plus en plus leurs langages, et, ce faisant, un sens se forme. Ils ne ressemblent plus à des hommes mais à des poètes : les chats-huants ont ainsi un « cri lugubre véritablement ben-jonsonien », en référence au poète Ben Jonson, contemporain de Shakespeare. En somme, Walden est « la manifestation suprême de cette conscience linguistique exigeante » de Thoreau.
      Poétique[modifier | modifier le code]
      Travail de l’écriture[modifier | modifier le code]
      La référence poétique, au sens de réflexion sur l’activité et la finalité de l’écriture, est constante dans Walden. « Les travaux des champs servent [ainsi] de trope à l’écrivain, notamment la métaphore du sarclage qui est une mise en image de son travail d’écriture. » Cette introspection, au sein de l’acte d’écrire, n’est possible, selon Thoreau, que par l’activité qui en forme le pendant : la lecture. « Dans Walden la lecture n’est pas simplement l’autre face de l’écriture, sa destination attendue ; c’est une autre métaphore de l’écriture même. » Cette possibilité de dépasser la linéarité du langage est permise par la poésie seule, qui s’apparente pour Thoreau à « un catalogue du paysage ». Le poème liminaire à l’ouvrage, intitulé Concord, forme ainsi son projet d’écriture. La narration de l’ouvrage « soumet sa temporalité au déroulement régulier des saisons », le récit donnant en effet l’impression de se dérouler pendant un an alors que l’expérience réelle de Thoreau dura deux ans et deux mois. Ce procédé lui permet de condenser son expérience et d’en dégager une portée édifiante.
      Walden est unique dans tout le corpus thoreauvien. L’alliance des styles objectif et sub j’active socrates the greek
  1. 15 Janeiro, 2014 21:12
    in SAPO, a notícia : “Socrates revelou que Barroso obrigou Portugal a reforçar austeridade”.
    Porra, afinal o que aconteceu ?, e quem é que mente ?
    RESPOSTA A TODA A POSTA TODO O MUNDO E NINGUÉM
    • Lamento meu caro… mas é o que dá quando se vive em estado de negação anti-Socratica…
      DA BOCA DOS TOLOS E DAS CREANÇAS SAI MUITA VERDADE

2 comentaris:

  1. Domain Name (Unknown)
    IP Address 186.66.116.# (Unknown Organization)
    ISP Unknown ISP
    Location
    Continent : Unknown
    Country : Unknown
    Lat/Long : unknown
    Language unknown
    Operating System Macintosh WinXP
    Browser Safari 1.3
    Mozilla/5.0 (Windows NT 5.1) AppleWebKit/537.36 (KHTML, like Gecko) Chrome/31.0.1650.63 Safari/537.36
    Javascript disabled
    Time of Visit Jan 16 2014 1:02:07 pm
    Last Page View Jan 16 2014 1:13:05 pm
    Visit Length 10 minutes 58 seconds
    Page Views 3
    Referring URL unknown
    Visit Entry Page http://blasfemias.net/
    Visit Exit Page http://blasfemias.ne...stradamus-domestico/
    Out Click
    Time Zone unknown

    Domain Name (Unknown)
    IP Address 194.65.37.# (Instituto Superior de Transportes)
    ISP Telepac - Comunicacoes Interactivas, SA
    Location
    Continent : Europe
    Country : Portugal (Facts)
    State/Region : Lisboa
    City : Lisboa
    Lat/Long : 38.7167, -9.1333 (Map)
    Distance : 218 miles
    Language unknown
    Operating System Macintosh WinNT
    Browser Safari 1.3
    Mozilla/5.0 (Windows NT 6.1; WOW64) AppleWebKit/537.36 (KHTML, like Gecko) Chrome/31.0.1650.63 Safari/537.36
    Javascript disabled
    Time of Visit Jan 16 2014 12:55:27 pm
    Last Page View Jan 16 2014 12:55:27 pm
    Visit Length 0 seconds
    Page Views 1
    Referring URL unknown

    ide trabalhar malandro,,,,,,,

    ResponElimina
  2. Domain Name telepac.pt ? (Portugal)
    IP Address 194.65.231.# (Telepac - Comunicacoes Interactivas, SA)
    ISP Telepac - Comunicacoes Interactivas, SA
    Location
    Continent : Europe
    Country : Portugal (Facts)
    State/Region : Lisboa
    City : Lisboa
    Lat/Long : 38.7167, -9.1333 (Map)
    Distance : 218 miles
    Language unknown
    Operating System Macintosh WinNT
    Browser Safari 1.3
    Mozilla/5.0 (Windows NT 6.1) AppleWebKit/537.36 (KHTML, like Gecko) Chrome/31.0.1650.63 Safari/537.36
    Javascript disabled
    Time of Visit Jan 16 2014 12:59:02 pm
    Last Page View Jan 16 2014 12:59:02 pm
    Visit Length 0 seconds

    ResponElimina